Séminaire de Namur

Lieu de formation pour les séminaristes en Belgique francophone

Message de notre évêque et des doyens :

Chers diocésains,
 
À l’entame de cette semaine sainte, alors que le regard se porte vers Pâques, nous voudrions vous exhorter à l’espérance.
Il est de notre mission chrétienne et d’une urgence toute particulière en ce temps de pandémie, d’être ferment de cette espérance pour le monde.
« Soyez prêts à tout moment (…) de rendre raison de l’espérance qui est en vous. » 1P3,15
 
C’est pourquoi, nous vous invitons :
 

  • À cultiver l’espérance en mettant au cœur de nos préoccupations le bien de l’être humain considéré dans toutes ses dimensions.
  • À cultiver l’espérance en refusant les enfermements de la peur et des discours anxiogènes.
  • À cultiver l’espérance en regardant l’avenir à bâtir ensemble convaincu qu’il est riche de promesses.
  • À cultiver l’espérance en vivant la solidarité au quotidien, antidote efficace contre le repli sur soi et la solitude.
  • À cultiver l’espérance en rivalisant d’attention les uns pour les autres.
  • À cultiver l’espérance parce que la Vie triomphe toujours de la mort.

 
Dans cet esprit, les doyens principaux se joignent à nous pour inviter toutes les communautés chrétiennes du diocèse à proposer autour d’elles une action symbolique sur le thème "Donnons tout son sens à la Vie".
Concrètement, le dimanche de Pâques, les cloches sonneront à 12h30 invitant chacun à rejoindre les lieux choisis par les responsables pastoraux pour une manifestation statique d’une durée d’une quinzaine de minutes. On veillera à se munir d’un vêtement, foulard ou linge de couleur blanche signe de résurrection.
Au lieu choisi, un texte composé par un artiste, Philippe Vauchel, sera proclamé. Une bannière sera installée sur plus de 150 églises du diocèse rappelant le thème : "Donnons tout son sens à la Vie" et le déclinant dans les domaines de la santé, de la culture, des relations et de la spiritualité, tous essentiels à la vie humaine.
 
Nous vous invitons à vous mobiliser joyeusement pour faire résonner l’heureuse nouvelle de la Résurrection et ainsi apporter un encouragement puissant à espérer contre toute espérance.
 
Nous vous souhaitons une fervente semaine sainte et une lumineuse fête de Pâques, fête de la Vie par excellence.
 
Monseigneur Pierre WARIN                     
Chanoine Bruno DEKREM (doyen de Namur)
Abbé Pascal ROGER (doyen d’Arlon)

INTERVIEW sur RCF

Trois émissions RCF Namur-Luxembourg de février 2021 sur la question de la vocation et du ministère de prêtre.

Sont interviewés notre recteur l'abbé Joël Spronck, le président du séminaire de Namur l'abbé François Barbieux
+ un témoignage de l'abbé Quentin Collin

Homélie mercredi 2e semaine carême

3 mars 2021

Séminaire de Namur

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

Chers Séminaristes,

Chers Frères et Sœurs,

Au cœur de notre carême, voici un évangile exigeant, qui nous montre deux logiques opposées : celle de Jésus et celle de la mère des fils de Zébédée, Jacques et Jean (Mt 20, 17 -28).

Jésus est concentré sur l’enjeu de sa mission : il prend la décision de monter à Jérusalem et d’affronter les autorités religieuses, au risque d’être condamné à mort. Pour annoncer cette décision grave à ses disciples, Jésus les prend à part en secret, pour leur faire une confidence, comme on peut le faire à des amis intimes. Il veut aussi les avertir pour qu’ils sachent ce qu’ils risquent à leur tour. Mais eux ne réagissent pas et ne compatissent pas aux préoccupations et aux décisions de Jésus. Au contraire, via leur mère, les fils de Zébédée demandent des privilèges honorifiques : leur préoccupation, c’est d’être assis à la droite et à la gauche de Jésus dans son royaume. Ils n’ont pas compris ce que Jésus leur annonçait. Ils sont pris par une logique très commune : l’auto-promotion. C’est la logique de ce monde : on essaie de se mettre en valeur, d’occuper une bonne place : on rédige un beau CV, on se fait pistonner, on met en valeur ses capacités.

Dans la démarche des fils de Zébédée et de leur mère, nous nous retrouvons tous, avec notre souci de nous-mêmes, de notre avenir, de notre situation. Comme séminaristes ou comme prêtres, nous nous demandons parfois quel sera notre avenir, quelle sera notre position dans la société ou dans l’Église. C’est normal. Mais si nous nous focalisons sur ces questions, nous nous replions sur nous-mêmes et nous oublions l’appel de Jésus et les demandes de nos frères. Le repli sur nous-mêmes risque de nous rendre sourds et aveugles face au drame de ceux qui souffrent. Or en Jésus angoissé et demandant du réconfort, nous pouvons voir tous ceux qui aujourd’hui encore, sont condamnés par l’injustice et la pauvreté.

Le risque pour nous est de réagir comme les disciples. Jésus le leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez ». En effet quand on demande seulement pour soi, on est aveugle. Alors Jésus avec grande patience enseigne à ses disciples ce qu’ils doivent rechercher ; il reconnaît leur ambition, mais il l’oriente autrement. « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? Ils lui dirent : Nous le pouvons ». Jésus répond : « Ma coupe, vous la boirez ». Et il ajoute : « Qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; qui veut être grand parmi vous sera votre esclave ». C’est la voie opposée à celle du monde, à celle que d’instinct nous cherchons à prendre. Par sa vie, Jésus nous montre sa différence par rapport au style de vie du monde et aux instincts égocentriques que nous ressentons. Il n’est pas venu pour se faire servir mais pour servir et donner sa vie en rançon, c’est-à-dire en libération, pour la multitude. Pensons à tous ceux qui ont besoin de libération : à ceux qui souffrent de la crise sanitaire actuelle, à ceux qui souffrent de la guerre, en particulier au Yemen ou en Irak, où le pape François va se rendre en pèlerinage ; pensons à ceux qui souffrent de l’injustice et de la pollution de notre monde.

Comme séminaristes et futurs prêtres, vous êtes invités à vous engager sur cette voie du service, dont l’humanité a tellement besoin ! Notre célébration actualise aujourd’hui cette promesse de rédemption ! Qu’elle nourrisse notre foi, notre espérance et notre charité !

Amen !