Plus sérieusement, le chanoine Rochette parlera de la vie dans un séminaire, dans un studium comme d'une vie où la Parole occupe une grande place: ''Parole humaine et divine dans la réflexion théologique. Parole libre aussi! Parole reçue mais parole donnée, en toute liberté. Parole de liberté!'' Une maison où l'on se forme pour devenir des pasteurs pour les hommes d'aujourd'hui. ''Pasteurs, à la manière du bon berger, qui marche avec le troupeau, qui l'accompagne dans ses chemins parfois tortueux et dangereux. Une année au séminaire, n'est-ce pas finalement expérimenter soi-même, puis en témoigner dans la mission, ces deux dimensions de la liberté humaine dans la rencontre avec la Parole vivante?''

Cette séance académique est aussi l'occasion d'écouter une leçon inaugurale. Cette année, c'est Mme Renée Toussaint, professeur de philosophie qui s'est lancée dans l'exercice. Mme Toussaint a choisi d'axer cette leçon sur le Jubilé de la Miséricorde ou plutôt de la miséricorde passée sous le regard des philosophes. Des regards on ne peut plus différents. Homère n'est pas Kant! Et comme les philosophes se doivent aussi de connaître les Evangiles, Mme Toussaint a emmené l'auditoire dans une dimension plus théologique. En soulignant: ''Avec la miséricorde, nous plongeons au cœur même du christianisme.'' ''Deux grandes tentations nous guettent cependant, dira-t-elle en conclusion. Relativiser l’absolu de la miséricorde et oublier ce qu’elle est en vérité en l’identifiant à une espèce d’indulgence, ou à une sorte d’exception à la règle, la règle étant la justice. Ou bien faire de l’indulgence la règle, en oubliant la justice.
On opposerait alors à nouveau miséricorde et justice, et l’on oublierait que la miséricorde est la justice d’amour de Dieu. Ce qui implique la justice. Mais une justice qui, parce qu’elle est miséricordieuse, nous élève, nous emporte, emporte notre justice humaine à hauteur du cœur de Dieu.''

Christine Bolinne