Ordination diaconale de Quentin ce dimanche 15 décembre, reportage de Christine Bolinne:
Quentin a répondu oui à son ''pote en ciel''
Voilà ce qui s'appelle faire l'unanimité. Un jeune homme souriant, bienveillant, à l'écoute, toujours prêt à rendre service... Ceux qui prendront la parole parleront d'une même voix pour décrire Quentin Collin. Portrait dressé ce dimanche, à Rochefort, lors de son ordination diaconale en vue du sacerdoce. Quentin avait 7 ans quand il a ressenti, en lui, la possibilité de glisser ses pas dans ceux du Seigneur. Il faudra du temps, des hésitations, des moments de doute avant de répondre ''oui''. Et Quentin Collin d'ajouter: ''Et d'être heureux''.
 
Des sourires et encore des sourires. Celui de Quentin Collin, d'abord. A quelques minutes de son ordination, il est présent dans l'église Notre-Dame de la Visitation pour accueillir chacun. Là encore pour régler les soucis de dernière minute... S'occuper pour ne pas laisser le stress gagner du terrain!
Quentin Collin avait 7 ans quand il a été marqué par un extrait d'évangile: ''La moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux.'' Dans sa tête d'enfant, c'était décidé, il serait l'un de ces moissonneurs. Une vocation qui mettra du temps pour mûrir. Il fera un détour par l'enseignement: il sera durant deux ans instituteur. Et aujourd'hui, quand il est amené à témoigner auprès des jeunes, il leur parle tout simplement de son ''pote en ciel.''
Il est 15h lorsque la procession fait son entrée dans l'église. Des prêtres, des diacres permanents, des séminaristes venus le soutenir, des acolytes et un évêque. Mgr Pierre Warin ordonne, pour la première fois, depuis son installation comme évêque titulaire, un diacre en vue du sacerdoce. Lui aussi est rayonnant. Quentin Collin prend place, dans l'assemblée, auprès des siens. Originaire de Habay-la-Neuve, Quentin appartient à une belle et grande famille de huit enfants. Un futur prêtre - il devrait être ordonné en juin prochain- qui a fait l'unanimité partout où il est passé.

Prier l'esprit Saint
La liturgie de l'ordination débute par l'invocation de l'Esprit Saint. Un chant, le Veni Creator qui sera suivi d'une longue prière à l'Esprit Saint. Extrait: ''Regarde maintenant, Dieu très bon, celui à qui nous imposons les mains aujourd'hui: nous te supplions de le consacrer toi-même, pour qu'il serve à l'autel et accomplisse la fonction diaconale. Envoie sur lui, Seigneur, l'Esprit-Saint: par lui, qu'il soit fortifié des sept dons de ta grâce, pour remplir fidèlement son ministère.'' La prière à l'Esprit Saint et l'imposition des mains de l'évêque sur la tête du candidat sont signes de l'ordination. Quentin Collin, tout sourire, recevra ensuite l'étole et la dalmatique avant l'évangéliaire. Le Jubilate Deo entonné par la chorale et l'assemblée résonnera alors dans cette vaste église.
Mgr Warin, dans son homélie: ''Le diacre est ordonné en vue du service. Il est le signe sacramentel, c'est-à-dire visible et efficace, du Christ-Serviteur. Certes, il n'a pas le monopole du service ni du cœur. Tous les baptisés sont appelés à servir, et incontestablement le service du frère doit animer tout ministère pastoral. Mais le diacre rappelle à toute l'Eglise qu'elle doit être en tenue de service. Le Christ-Serviteur, qui a lavé les pieds des disciples et a regardé ceux-ci non de haut en bas mais de bas en haut, doit être particulièrement visible et lisible chez les hommes à l'étole en sautoir (ndlr: le diacre contrairement au prêtre ne porte pas l'étole autour du cou mais posée sur une épaule).'' Et Mgr Warin de terminer en s'adressant à Quentin: ''Au nom du Seigneur et de l'Eglise, je te remercie, ainsi que ta famille, pour ton oui entier et joyeux, et je te confie à la grâce de Dieu.''
Mgr Warin aura encore une pensée pour les plus défavorisés: ''Ce dimanche est aussi celui de l'Action Vivre Ensemble qui nous rappelle qu'aussi chez nous la pauvreté se porte comme un charme. La donnée est effrayante: en Wallonie, un enfant sur quatre vit sous le seuil de la pauvreté. Comment pourrions-nous accueillir bientôt le Dieu qui vient comme un pauvre, qui naît à la belle étoile, dans un décor de misère, dans une mangeoire d'animaux, sans en même temps ouvrir nos mains et notre cœur aux défavorisés? Puissions-nous leur apporter paix et réconfort!''
C'est sous les applaudissements qu'il quittera l'église.
C.B.
 
Lire l'article, voir d'autres photos sur le site du diocèse de Namur via ce lien